06.03.2006
Pour être respecté, être respectable
Extrait d'une tribune de Pascal Bruckner parue dans Libération du 6 mars 2006.
(...) S'offusquer de ces dessins en invoquant le respect des cultes n'a aucun sens : pour être respecté, il faut d'abord être respectable. Pourquoi, en Europe, a-t-on le droit de critiquer le judéo-christianisme (c'est même devenu en France un sport national), de se moquer du bouddhisme, voire de l'hindouisme, mais jamais de l'islam, sous peine d'être accusé de racisme ? Pourquoi ces deux poids, deux mesures ? Pourquoi une religion et une seule échapperait-elle au climat d'examen, de pluralisme, d'ironie, de sarcasme, d'anticléricalisme qui caractérise notre nation ?
Le christianisme n'avait rien de respectable quand, au nom de l'amour et du Christ-Roi, il pendait, brûlait, trucidait, anéantissait les hérétiques, les sorcières, les païens, les Indiens, les mahométans. Il a fallu des siècles de combats, y compris à l'intérieur des Eglises, et le concile de Vatican II pour qu'il se mette en conformité avec le message des Evangiles et regagne ses lettres de noblesse. L'islam, pour retrouver sa grandeur perdue, doit être d'abord réformé, purgé de ses versets douteux contre les juifs, les chrétiens, les infidèles, les homosexuels, il doit proscrire les coutumes barbares de la lapidation, de la répudiation, de la polygamie. C'est un gigantesque chantier qui concerne l'humanité entière : cela, de nombreux intellectuels et religieux musulmans éclairés le savent, le proclament. Mais ces hommes et ces femmes de toutes professions, toutes nationalités, sont minoritaires : isolés, tracassés, voire condamnés à mort comme l'écrivain bangladaise Taslima Nasreen ou la députée néerlandaise d'origine somalienne Hayaan Hirsi Ali, ils ont besoin de notre aide comme avaient besoin de notre aide les dissidents d'Europe de l'Est au temps de l'empire soviétique.
Il est urgent de former une grande chaîne d'assistance à tous les rebelles du monde arabo-musulman, modérés, incroyants, libertins, athées, apostats, indifférents, schismatiques.
L'Europe, si elle veut construire un islam laïque à l'intérieur de ses frontières, devrait encourager ces voix divergentes, leur apporter ses talents, son soutien financier, moral, politique. Il n'est pas de cause plus sacrée, plus grave et qui n'engage la concorde des générations futures. Mais avec une inconscience suicidaire, notre continent s'agenouille devant les fous de Dieu et bâillonne ou ignore les libres-penseurs. Combien de temps l'esprit de pénitence étouffera-t-il chez nous l'esprit de résistance ?
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03.03.2006
Respecter les faits, pas les croyances
Extraits d'un texte d'André Glucksman paru dans le Monde du 03 mars 2006.
(...) Irrespect pour irrespect ? Transgression pour transgression ? Faut-il mettre sur le même plan la négation d'Auschwitz et la désacralisation de Mahomet ? C'est ici que deux philosophies irréductiblement s'opposent. L'une dit oui, il s'agit de deux "croyances" équivalentes, également bafouées ; il n'existe pas de différence entre vérité de fait et profession de foi ; la conviction que le génocide a eu lieu et la certitude que Mahomet fut éclairé par l'ange Gabriel sont du même registre. L'autre dit non, la réalité des camps de la mort est de l'ordre du constat, pas la sacralité des prophètes, qui relève de l'engagement des fidèles.
Pareille distinction entre le factuel et la croyance est au fondement de la pensée occidentale. Déjà Aristote sépare, d'une part, le discours indicatif susceptible d'être discuté afin d'aboutir à une affirmation ou une négation, d'autre part, les prières. Ces dernières échappent à la discussion parce qu'elles ne constatent pas, elles implorent, promettent, jurent, décrètent ; elles ne visent pas une information, mais une performance. Lorsque l'islamiste fanatique affirme que les Européens pratiquent la "religion de la Shoah", comme lui celle de Mahomet, il abolit la distinction du fait et de la croyance ; pour lui, il n'existe que des croyances, donc l'Europe favorise les unes contre les autres.
Le discours civilisé, sans distinction de race ou de confession, analyse et circonscrit des vérités scientifiques, des vérités historiques et des états de fait qui ne relèvent pas de la foi, mais de la connaissance. On peut les tenir pour profanes et d'une dignité inférieure, n'empêche qu'elles ne se confondent pas avec les vérités de la religion. Notre planète n'est pas la proie d'un choc de civilisations ou de cultures, elle est le haut lieu d'une bataille décisive entre deux méthodes de pensée. Il y a ceux qui décrètent qu'il n'existe pas de faits, mais seulement des interprétations qui sont autant d'actes de foi. Ceux-là ou bien versent dans le fanatisme ("je suis la vérité") ou bien tombent dans le nihilisme ("rien n'est vrai, rien n'est faux"). En face, il y a ceux pour qui la libre discussion en vue de séparer le faux du vrai a un sens, de sorte que le politique comme le scientifique ou le simple jugement peuvent se régler sur des données profanes indépendantes des opinions arbitraires et préétablies.
Une pensée totalitaire ne supporte pas d'être contestée. Dogmatique, elle affirme en brandissant le petit livre rouge, noir ou vert. Obscurantiste, elle fusionne politique et religion. Au contraire, les pensées antitotalitaires tiennent les faits pour des faits et reconnaissent même les plus hideux, ceux-là mêmes que par angoisse ou commodité on préférerait occulter. La mise en lumière du goulag a permis la critique et le rejet du "socialisme réel". La considération des abominations nazies et l'ouverture très réelle des camps d'extermination ont converti l'Européen à la démocratie après 1945. En revanche, le refus de l'histoire dans ses vérités les plus cruelles annonce le retour des cruautés. N'en déplaise aux islamistes - qui sont loin de représenter les musulmans -, il n'y a pas de commune mesure entre la négation de faits avérés comme tels et la critique verbale ou dessinée des multiples croyances que chaque Européen a le droit de cultiver ou de moquer.
Depuis des siècles, Jupiter ou le Christ, Jehovah et Allah ont essuyé force plaisanteries et marques d'irrespect. A ce jeu, du reste, les juifs sont les meilleurs critiques de Yaveh - ils en ont même fait une spécialité. Cela n'empêche pas le vrai croyant de toute confession de croire et de consentir à laisser vivre ceux qui ne croient pas comme lui. La paix religieuse s'instaure à ce prix. Par contre, plaisanter des chambres à gaz, s'amuser des femmes violées et des bébés éventrés, sanctifier les décollations télévisées et les bombes humaines annonce un avenir insupportable. (...)
16:24 Publié dans Analyse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Philosophie
Vers la société ethniciste
Extrait d'une analyse de Piotr Smolar dans le Monde du 03 mars 2006
(...) Une digue a sauté. Une certaine pudeur aussi. Ce qui était chuchoté est dit ; ce qui était interdit se normalise. On peut dorénavant répertorier, en France, les personnes en fonction de leur origine. Les classer en juifs et en non-juifs. En "gaulois" et en "issus de l'immigration". On est bourreau, victime ou discriminé en raison de son sang. Tout s'explique.
Dans le domaine socio-économique, on peut juger que cette approche est réaliste et permet de distinguer les handicaps de groupes particuliers. Mais, en matière criminelle, l'ennemi est ainsi identifié et mis à distance. La responsabilité individuelle, les divers degrés d'implication, l'intention réelle de tuer, qui doivent être mis au jour par l'enquête : tout cela est écrasé par le poids de l'accusation ultime. On préfère débattre de la "barbarie", alors que toute la société est touchée : les atteintes aux personnes ont augmenté de 72 % entre 1997 et 2004.
Quant à l'interdit qui empêche l'administration d'établir des statistiques en fonction de l'origine des individus, il paraît dépassé par l'évolution des mentalités. D'ailleurs, les Renseignements généraux ne se gênent plus pour aborder la question des bandes dans cette perspective. Chacun est renvoyé dans sa communauté, otage des siens et du regard des autres. Plus de nuance, de complexité, de mixité, d'identité plurielle. Voici venu le temps du déterminisme. Une couronne de fleurs est déposée sur la tombe de la nation française, prise dans son acception historique.
Ce phénomène peut aussi être analysé comme la face sombre de la montée des revendications identitaires et de la discrimination positive. En abordant ce thème il y a trois ans, M. Sarkozy s'était attiré une volée de reproches au nom des grands principes de la République, gravés dans le marbre. Or le marbre s'est fissuré. Les discours d'intérêt général sont devenus inaudibles. L'Etat est devenu le réceptacle des intérêts particuliers, auxquels il tente de répondre tant bien que mal.
Il n'est pas question de négliger l'émotion que la mort d'Ilan Halimi a suscitée. Les préjugés antisémites et racistes sont hélas largement diffusés dans la société. Les habitants des banlieues n'en ont pas l'apanage. Mais les quartiers sensibles, à forte concentration immigrée, constituent le territoire privilégié où s'expriment ces préjugés et où se joue une sorte de tectonique des plaques humaines, dont nul ne sort indemne.
La France est ce pays des droits de l'homme où des jeunes filles se colorent les cheveux en blond pour ne pas être juives dans le regard de l'autre, comme l'a montré un reportage à Créteil dans Le Monde du 26 février. C'est aussi ce pays où des prénoms comme Rachid ou Karim peuvent "plomber" un CV. Pour illustrer la puissance de ces préjugés, nul besoin de s'appuyer sur un fait divers, odieux en soi : il suffit de faire un effort de curiosité et d'écoute.
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02.03.2006
le score de la peur
Extrait d'une tribune de Daniel Leconte, Prix Albert Londres, dans Libération du 2 mars 2006
"Pour résister chez nous à cette tentation munichoise de baisser les yeux après avoir baissé les bras, il suffit de mesurer l'impact de ce discours autocenseur dans nos têtes. Si l'on en croit le journal la Croix, 54 % des Français sont contre la publication des caricatures de Mahomet. 54 %, c'est pour l'essentiel le score de la peur.
Si on avait pu faire un sondage sous l'Occupation, nul doute qu'on aurait trouvé 54 % des Français, voire bien plus, pour désavouer les résistants. Au nom de «cessez vos provocations, ça va nous retomber dessus». Les circonstances, certes, sont aujourd'hui très différentes, mais en gros ce sont les mêmes ressorts qui sont à l'oeuvre.
Hier, peur des représailles nazies. Aujourd'hui, peur que les «Arabes en colère» viennent semer la terreur comme ils l'ont déjà fait à New York, Madrid ou Londres..."
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Ce mec là est-il "islamophobe" ?
Portrait dans Libération du 01 mars 2006
Messaoud Bouras, 41 ans. Issu d'une famille musulmane de Roubaix, il a renié sa religion et divorcé «pour cause d'intolérance». Il dénonce le lobbyisme de l'islam.
Les barbus le rasent
Par les temps qui courent, il serait presque soulagé. Qu'enfin ça pète, que la figure du Prophète dessine le visage intolérant de l'islam, que les Arabes et les juifs se haïssent à découvert, que la République française n'ait d'autres choix que de reconnaître son échec. Ainsi, il se sent moins seul, avec son histoire et ses désillusions. La preuve, après enquête et recoupements, le voilà dans le journal.
Messaoud Bouras a apostasié l'islam, le Prophète, et le temps passant, tous ses adeptes. Il n'a pas vu ses enfants depuis deux ans. Ils vivent à Roubaix, là où il naquit, grandit et milita. Il n'y met plus les pieds. «Mon divorce a pour origine l'intolérance religieuse.» Il est au chômage. Il a les joues creuses, les yeux brillants chapeautés d'épais sourcils, des mots gonflés par la douleur, parfois tentés par la provocation. Il respire les combats perdus. Et s'il écrit un jour son histoire, il l'appellera : les Musulmans m'ont tué.
Chapitre I. Messaoud naît à Roubaix, de parents kabyles venus en France au début des années 60. Il est l'aîné de neuf enfants. Le père est ouvrier teinturier du textile, chez Caullier et Delaoutre, musulman classique qui fait la prière et le ramadan, la mère est pieuse et (alors) sans foulard. La famille, installée dans le quartier populaire de l'Alma, prêche le sérieux et le respect à ses enfants. Messaoud est fragile, il fait des bronchites à répétition, il est régulièrement hospitalisé. A 6 ans, il est donc mis dans une école spécialisée, pas à l'Alma. Le jour, il grandit loin du quartier, ici comme ailleurs chaudron communautaire. Il y revient, toujours malingre, à l'âge ordinaire des premiers prurits virils, collège Anne-Franck. «J'étais chétif, je n'appartenais à aucune bande, je n'avais pas de grand frère, je me faisais racketter, frapper, on me disait : "Tu parles comme un Français." Tout me prédisposait à une attitude de recul vis-à-vis du communautarisme.» Le prof de français a repéré la graine d'affranchi, il l'encourage à lire.
Chapitre II. Tandis que le textile s'effondre, met au chômage technique le père et au chômage tout court oncles et cousins, Messaoud passe brillamment son bac au lycée Maxence-Van-der-Meer, et participe à la marche des beurs. Il s'éveille politiquement, lance une association de jeunes issus de l'immigration, fait de l'animation de quartier, affronte son père pour protéger les frangines, suit les cours d'économie à la fac d'éco de Lille. En 1988, Messaoud est responsable du suivi scolaire du quartier de l'Alma. Muni d'une licence, il se lance dans la vie professionnelle, au coeur de l'action sociale, chargé auprès de mairies ou d'offices HLM, de la jeunesse, de logement, de développement social de quartier. En 1995, alors que la violence grimpe les escaliers des cités, il est chargé de mission de sécurité par l'Opac du Pas-de-Calais. «J'ai fait plus de 200 procédures, concernant les agressions, le vandalisme, commis dans une immense majorité par des jeunes issus de l'immigration. Au tribunal, je demandais une sanction exemplaire, la fin de la loi du silence. Mais ça me valait d'être poursuivi, insulté, traité de "sale Blanc", de "pauvre harki". Il retombait sur les costauds et les caïds des cours de récré. Il était alors sympathisant des Verts. Pensait et pense encore : «Une grande partie de la gauche a sombré dans l'idéologie victimaire, c'est une vision postcoloniale.»
Chapitre III. Il raconte un mariage qui très vite tourne mal, deux enfants naissent, Syriane puis Gybril. La mésentente s'installe, la religion s'en empare, à moins que ce ne soit l'inverse. L'épouse a fait du droit, ne porte pas le voile, mais invoque la loi divine, appelle frères et imam à la rescousse, pour contrer son mari si peu pratiquant, même les jours de ramadan. Tous l'appellent «le mécréant». Les insultes ont changé, celles de l'enfance étaient empreintes de guerre coloniale, celle d'aujourd'hui emprunte à la religion revenue en force avec les années 90. En 2002, après onze années de vie conjugale, Messaoud Bouras ramasse quelques affaires, s'enfuit et engage une procédure de divorce. Le juge aux affaires familiales ne lui accorde qu'un droit de visite à l'amiable. Mais l'accord est introuvable. Il raconte la brutalité des frères, des mains courantes après ses plaintes à la police. Elle se plaint du harcèlement par SMS. Il n'a plus revu ses enfants, aujourd'hui 11 et 8 ans. Un troisième est né, d'une mère «française». Ils l'ont appelé Benjamin, il a 2 ans : «C'est un prénom juif, j'ai beaucoup combattu la judéophobie de ma communauté, c'est aussi une référence à un film que j'ai vu à 14 ans, l'Oncle Benjamin, avec Jacques Brel, histoire d'un médecin libre-penseur et épicurien.»
Chapitre IV. Il part en guerre. Et tout s'imbrique, déchirure familiale et combat politique. L'année où il fuit sa femme, il quitte aussi les Verts, devenu selon lui l'instrument du lobbying politique des islamistes. Il y a effectivement parmi les responsables écologistes des représentants de mouvances musulmanes, aux interfaces religieuses proches de Tariq Ramadan. Bouras dénonce publiquement, via la presse locale, un cercle de réflexion subventionné par la mairie, parfois tribune antisémite. L'association porte plainte en diffamation, défendue par Me Jean-Louis Brochen (M. Martine Aubry). Messaoud gagne le procès. Mais il est définitivement persona non grata, «mort politiquement et socialement à Roubaix», dit-il. Il ne donne à personne sa nouvelle adresse. Il est menacé par une avalanche de mails. Il les garde tous. Il inonde à son tour élus et journalistes.
Il a relu tout le Coran. «Je n'y ai pas trouvé une seule fois le mot "amour". Jésus dit à la foule qui veut lapider la femme infidèle qu'il faut pardonner, le Coran ordonne de la tuer.» Il est intarissable, explique que la tolérance a généré l'intolérable, assure que s'il existe des musulmans modérés, il n'y aura jamais d'islam des Lumières. «Les versets sont incompatibles avec les droits de l'homme. En fait, l'islamisme n'est pas né de la misère, mais de la frustration de la puissance perdue et du besoin de pouvoir. L'islam a raté la modernité. Il n'a rien créé : ni la démocratie, ni la croissance économique.»
Il prend des risques à parler ainsi. On le traitera de dingue tendance parano, mais bien des connaisseurs du bocal de Roubaix confirment ce qu'il raconte de la construction politique locale. D'autres le diront lepénisé par la rancoeur. Il a rejoint le discret mouvement des musulmans laïques de France, il craint Sarkozy : «C'est un libéral qui veut remplacer les mécanismes de solidarité par la charité communautaire.» Et en veut à la gauche. «Par choix électoraliste, Lille et Roubaix sont devenus les capitales françaises de l'islamogauchisme.» Villes qui tentent écoles islamiques et piscines municipales avec jour des hommes et jour des femmes.
Il est trop tôt pour dire la fin de l'histoire. Messaoud Bouras promène sa silhouette de soldat amoché du côté de Lille, avec dans son cartable un livre, la Schizophrénie de l'islam (1), et des coupures de presse où il est question de lui. Il connaît le frisson de la liberté conquise. «La culture musulmane prédispose à l'immaturité sexuelle, affective et psychologique. Moi, j'ai fait beaucoup de progrès.» Il peut aussi sombrer. Il a des douleurs violentes à la tête, autour des yeux, dans la mâchoire. Il était un enfant chétif. Mais cette fois, c'est lié à la pression
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